Le G8, l’environnement et l’Afrique
08 07 2008On apprend ce matin que les pays du G8 se sont entendus sur une réduction d’au moins 50% des gaz à effet de serre d’ici 2050. Deux mille combiens? Ce n’est pas sérieux. Les médias mettent l’accent sur le fait qu’il n’y as pas d’année de référence pour fixer le seuil de 50%. On s’en fout de la référence, l’important c’est la durée. Au moment où on nous demande de diminuer notre consommation d’énergie et de poser des gestes quotidiens pour réduire la pollution parce que l’environnement est gravement menacé, nos dirigeants se trainent les pieds en fixant un objectif aussi important sur 40 ans. Dans 40 ans, une grande partie de ceux qui ont plus de 30 ans aujourd’hui seront morts ou malades entre autres de maladie environnementales comme le cancer, l’emphysème, etc. Un objectif comme celui-là est une belle vision de l’esprit, mais est totalement irréaliste parce que l’être humain n’a pas la capacité de se projeter dans l’avenir sur un aussi long terme. Je pense que le terme maximal sur lequel nous pouvons nous projeter de façon réaliste est de cinq ans. C’est le temps maximal que nous nous fixons généralement pour éteindre les objectifs les plus importants de notre vie comme avoir un enfant, acheter une maison, terminer nos études et débuter une carrière ou partir en voyage à long terme. Après 5 ans, notre avenir est flou. Cinq ans, c’est plus ou moins la vie d’un gouvernement ou d’un président dans les pays démocratiques. Après, beaucoup de choses peuvent changer Par exemple, la position du Canada sur l’environnement serait bien différente si c’était Stéphane Dion qui était au Japon plutôt que Stephen Harper. Cette entente va causer une grande démobilisation dans la population d’autant plus qu’aucun pays ne va atteindre les objectifs de Kyoto qui étaient à court terme et facilement mesurables. Alors imaginez sur 40 ans! C’est une farce que personne qui se préoccupe de l’environnement ne va trouver drôle.
Si on faisait un film sur la situation de l’Afrique noire, il pourrait s’intituler « Le continent perdu ». Il ne finit jamais de crier famine et nous ne cessons pas de le nourrir à coup de milliards de dollars qui ne changent à peu près rien à la situation. Il y a beaucoup d’oiseau autour de chez-moi. L’Afrique me fait penser aux jeunes qui sont nés ce printemps, qui sont devenus plus gros que leur mère, mais qui continuent à courir après elle en battant frénétiquement les ailes sur leurs flancs pour qu’elle continue à les gaver. Ça achève, ils deviendront autonomes sous peu et voleront de leurs propres ailes, pas l’Afrique. La situation est désespérante et semble sans issue. Certains invoquent le manque de démocratie pour expliquer les problèmes. C’est vrai que les dictateurs détournent l’aide internationale et freinent le développement, mais ça n’explique pas tout. D’autres reprochent aux pays riches de ne pas tenir leurs promesses et de ne pas suffisamment aider, comme le fait Bono de U2. C’est vrai, mais cela n’explique pas tout non plus. Je n’ai pas la prétention de connaître la clé du problème, mais voici ce que j’en pense.
Avant la colonisation européenne, l’Afrique noire vivait dans un régime tribal. C’est la force de chaque tribu qui définissait son territoire et son importance. Je ne crois pas qu’à cette époque, les Africains crevaient de faim, car l’Afrique est riche en ressources essentielles. Si la nourriture venait à manquer à un endroit, une tribu pouvait se déplacer et même envahir le territoire d’une autre tribu. Les européens ont redéfini les frontières sans tenir compte des territoires tribaux ni des besoins de mobilité des populations. Certaines se sont retrouvées confinées dans des endroits où les ressources se sont épuisées avec le temps sans possibilité de pouvoir migrer là où la nourriture est abondante. Dans d’autres pays, des tribus ennemies se sont vues forcées à partager le même territoire. C’est ce qui explique en partie le génocide au Rwanda ou au Congo. Je constate que partout dans le monde où des colonisateurs ont voulu démanteler les régimes tribaux, les populations concernées ont fini par dépérir parce qu’elles se retrouvent démunies et aussi parce qu’elles semblent incapable d’adopter un autre style de vie. C’est ce qui se passe ici avec les Inuit et les peuples amérindiens, dans certains pays d’Amérique-du-Sud avec les descendants des mayas et au Moyen-Orient où en Afghanistan et en Irak, par exemple, ce sont les chefs des tribus qui mènent le pays en dehors de Kandahar et de Bagdad. Ces tribus comme celles du monde entier tiennent à conserver leur mode de vie ancestral. Parce qu’il est impossible de revenir en arrière et que le mal est fait, je crois qu’une partie de l’Afrique est condamnée comme l’es Haïti qui est devenu un véritable désert qui ne pourra jamais nourrir la population qui l’habite. Dans leur cas, l’aide international est un puits sans fond dans lequel ils se noient et dont ils ne sortiront jamais. Il faudrait organiser de grandes migrations pour les sortir de là. Est-ce possible? Peut-être, car c’est aussi ce qu’il faudra faire avec les habitants des pays situés sous le niveau de la mer si les changements climatiques causent les inondations que les environnementalistes prédisent. Une partie des 2.1 milliards que le Canada dépensera d’ici la fin 2009 en Afrique pourrait peut-être servir à cette fin. Nous sommes un pays qui a besoin d’immigrants pour soutenir sa croissance.
Le titre de ma chronique d’hier est « Le G8, bon pour la santé? ». Pas vraiment. Ça manque de vitamines et c’est plein de calories vides. Y-a-t’il moyen de l’améliorer? On s’en reparle dans 40 ans. Mais en attendant, avec des résultats aussi décevants, le G8 doit se redéfinir. D’abord, il faut élargir les rangs pour faire une place à l’Inde et à la Chine dont l’importance économique dépasse déjà celle de plusieurs pays membres. Cela va-t-il améliorer les choses? Peut-être pas, car généralement plus il y a de larrons en foire, plus les farces sont plates. Le G8 est déjà assez comique comme ça, pas besoin d’en ajouter. Ensuite, les membres doivent faire un sérieux examen de conscience. Si on si fie aux résultats et aux propositions actuellement présentées à la population mondiale les pays riches ont un sérieux problème de leadership et sont dirigés par des incapables pour lesquels nous avons voté d’ailleurs. Si nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes qui pourra le faire?
Je pense que nous avons besoin d’un nouveau Gandhi, un grand leader avec une vision pour inspirer la planète. Souhaitons qu’il se révèle bientôt.
Permalien
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